jeudi 20 janvier 2011

"Derrière la simplicité, une pensée très complexe" : Mondrian/De Stijl // Robert Breer

Parfois difficile pour des artistes réalisant des oeuvres dont le rendu est à première vue esthétiquement "simple" de faire reconnaitre la complexité de la réflexion et de la sensibilité qui y ont mené.
Et pourtant... Preuve par deux.

Mondrian / De Stijl
Centre Pompidou
Jusqu’au 21 mars 2011
Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h (nocturne le jeudi jusqu’à 23h)


Quel plaisir d’avoir des mythes à portée de main (à portée d’œil, c’est mieux pour votre casier judiciaire). Presque irréel. La « recherche d’un rythme, d’une pulsation dynamique de la couleur »* s’incarne dans les nombreuses toiles présentées.

Voir les toiles de ceux qui voulaient redéfinir le fait pictural de fond en comble, par l’utilisation de motifs géométriques et de couleurs primaires est une expérience qu‘il faut vivre pour tenter de comprendre que ce nouvel espace devait « guider l’homme du futur sur la voie de l’harmonie universelle ». Cette fondamentalité se retrouve dans les écrits des artistes du mouvement. Mondrian était persuadé d’avoir trouvé la fin de l’art, la solution finale, la construction essentielle. Le Manifeste de De Stijl affirmait qu’ « Elémentaire, l’art peut l’être quand il ne fait pas de philosophie, quand il se construit à partir de ses seuls éléments propres. Se laisser fléchir par les éléments de la création, c’est être artiste. Les éléments de l’art, l’artiste seul peut les découvrir. Ils ne relèvent pas de l’arbitraire personnel : l’individu n’est pas une entité séparée et l’artiste est l’interprète des énergies qui mettent en forme les éléments du monde. »

Parallèlement aux expérimentations picturales, le mouvement De Stijl applique ses théories à l’aménagement intérieur (belle reconstitution de l’atelier parisien de Mondrian, où l’arte t la vie ne font qu’un), puis à l’espace public. Se défiant de la notion d’arts appliqués, Bart Van der Leck (ô ses Dockers et Sortie d’usine) exprime en ces mots une idée qui m’est par ailleurs très chère : « Les arts ne peuvent en aucun cas s’appliquer les uns aux autres, mais leur alliance doit procéder d’une synthèse ».



Mais le parcours est trop long, la respiration de l’exposition manque de clarté. Dédale et labyrinthe sont des mots qui me sont venus spontanément à l’esprit lors de ma visite. Plongé dans un grand espace blanc, cerné par de très hautes cimaises blanches (au haut desquelles, curieusement, quelques citations sont appliquées, restant inaperçues de nombreux quidams non pourvus d‘une souplesse de cou avérée), arpentant des pièces ressemblant à s’y méprendre aux précédentes, le visiteur vit une étrange d’expérience : faut-il voir là un rapprochement avec l’expérimentation spatiale du néoplasticisme ? Peut-être. Ou pas, à considérer que l’harmonie n’est pas la sensation qui résulte de cette mise en espace anxiogène.

Dommage quand on veut décrypter cette « clé de lecture fondamentale pour les sources de la modernité »*.

* : texte Centre Pompidou

Robert Breer - Sculptures flottantes
CAPC, musée d’art contemporain de Bordeaux
Jusqu’au 27 février 2011


Si les Floats sont ses « pièces de référence », Robert Breer a aussi pratiqué la peinture abstraite et le film d’animation. C’est à partir des années 60 que l‘artiste, américain né en 1926, crée ses Floats et autres Tanks et Rugs, auxquels l’exposition est consacrée.

Sculptures aux formes primaires, motorisées, sur roulettes et de plain-pied avec le spectateur, les Floats (terme qualifiant les chars de parade flottant au-dessus du bitume) sont d’étranges mollusques animés, selon une trajectoire aléatoire, changeant imperceptiblement de direction lorsqu’ils heurtent un obstacle.



Les Floats bougent si lentement que le visiteur pressé et non averti peut ne pas s’en apercevoir. Et le visiteur averti et pondéré, quand il cherche à visualiser le mouvement, a besoin de longues secondes et parfois même de prendre un repère au sol, afin de vérifier le phénomène. On imagine que cette vitesse d’une autre dimension, ni mouvement, ni immobilité, a du demander des calculs et des tests précis, effort qui ne transparaît absolument pas de cette autopropulsion aléatoire si naturelle.

Et pourtant Robert Breer affirme ne pas vouloir imiter la nature, mais chercher à penser à la sculpture en tant que discipline et la libérer du socle. Il « égratigne au passage » l’emprise de la « sculpture minimaliste » dans les années 60 et le « côté hiératique des expositions » (texte CAPC). Louvoyant entre art minimal et art cinétique, l’artiste est malgré tout resté en marge de ces courants. Est-ce pour cela qu’en 1960 ses Floats ne sont absolument pas pris au sérieux ?

Au-delà de l’évolution de l’histoire de l’art et des querelles de chapelles, la trentaine d’objets flottants (réunion d’ampleur inédite) dans la grande nef du CAPC perturbe subtilement son observateur, lui offrant une expérience de l’espace toute particulière.

(commissaire : Alexis Vaillant)

mardi 18 janvier 2011

De deux extrêmes : Andrée Putman à l'Hôtel de Ville // BigMinis au CAPC

Où pas assez rencontre trop.

Andrée Putman, ambassadrice du style
Hôtel de Ville, Paris
Jusqu’au 26 février 2011
Tous les jours sauf le dimanche, de 10h à 19h
Accès libre


crédit Mairie de Paris

Une petite exposition intéressante et gratuite, consacrée à une grande dame française du style. Plus architecte d’intérieur que designer, Andrée Putman aujourd’hui 85 ans, a apporté de nombreuses contributions au mobilier et à l’aménagement français. Ironiquement d’ailleurs, car Andrée Putman, à l’origine boudée dans son pays, a rencontré le succès grâce à l’admiration qu’elle a suscité aux Etats-Unis. J’ai été touchée par les lignes où Andrée Putman témoigne de sa souffrance au temps où son goût et son sens esthétique (quoi ? Un canapé à la structure métallique ?!) contrevenaient complètement aux habitudes d’alors et la mettaient en bute aux moqueries et vexations.

L’exposition dans sa première partie fournit une biographie illustrée de la créatrice, plutôt réussie. On glane des informations précieuses, comme des vacances d’Andrée Putman enfant à l’abbaye cistercienne de Fontenay dont l’architecture grandiose la marquera à jamais. On se surprend à scruter les vieilles photos noir et blanc à la recherche d’une expression du visage préfigurant la trajectoire de cette femme. On y constate en tous cas sa beauté, une beauté un peu effarante, et on croit y lire la fermeté de sa volonté, façonnée par les dures heures de labeur de sa formation initiale de pianiste.

J’ai noté deux dates qui constituent à mon sens, plus que les fameux aménagements des chambres de l’hôtel Morgans à New York, des bureaux de Jack Lang ou du Concorde, les réussites les plus sensibles d’Andrée Putman.

En 1958, elle collabore avec la chaîne de grande distribution Prisunic en tant que directrice artistique des rayons maison. Elle y défend alors l'idée d'un design accessible à tous. Les pièces de créateur sont captées par des spéculateurs, et le projet est donc un semi-échec.

En 1978, Andrée Putman créé l’agence Écart (trace à l‘envers…), afin de produire des rééditions de pièces de mobilier de créateurs alors oubliés, tels Eileen Gray, Mariano Fortuny ou Robert Mallet-Stevens. Une telle initiative, dans notre ère du « tout design », peut sembler anecdotique, mais elle est alors un projet rare, intelligent et fort.

Hormis cette galerie du 1er étage qui nourrit le visiteur d’informations concrètes, tout en intercalant habilement photos, vieux magazines et objets, l’exposition est assez creuse. Arrivé dans la salle d’exposition principale, en contrebas, le visiteur est déçu de constater qu’il n’y a plus là que des meubles et plus aucun texte, à part une légende des plus sommaires pour chaque artefact. Plusieurs vidéos présentent des interviews d’André Putman et c’est là seulement que l’on parvient à extraire du contenu de cette partie de l’exposition, comme un chien ronge son vieil os.

On apprend notamment des films qu’Andrée Putman a le sens de la formule. Et une intégriste de la beauté. A la question élémentaire « Est-ce confortable ? », la créatrice répond « On verra, c‘est secondaire. Voyons d’abord si c’est beau. Le confort, c’est visuel». Voilà un parti pris extrême. « Quelle couleur ? » « Mais aucune justement qui porte un nom de couleur ».

Ne vous y méprenez pas : cette deuxième salle est intéressante, du point de vue des meubles exposés (dont ceux de Préparation meublée, la ligne de mobilier créée par A.P au début des années 2000. Et une pièce dont je rêve désormais jour après jour : Table rond sur carrée, 2003), et des reconstitutions comme celles de la salle de bains du Morgans ou les bureaux de ministère. Les diaporamas montrant les nombreuses interventions d’Andrée Putman dans le monde méritent aussi que l’on y fasse une longue pause.

Mais à voir le travail et a écouter parler cette grande dame (qui semble inspirer le respect aussi naturellement que la plupart d‘entre nous ne provoque qu‘indifférence), on se dit que l’on aurait aimé aller plus loin dans le propos. Que son œuvre aurait mérité plus grande théorisation et plus large hommage que quelques informations que le visiteur s’échine à gratter dans un vieux magazine, dans une vidéo, dans la photo d’une blonde impeccable.


BigMinis - Fétiches de crise
CAPC, Bordeaux
Jusqu’au 27 février 2011



Philip Newcombe, Planet holy shit, 2010 (bonbon sucé en pensant à des choses pesantes) (2 cm de diamètre)

Le projet semble à première vue très prometteur : Alexis Vaillant, commissaire de l’exposition, cherche à explorer l’objet réduit, à la « petitesse insolente ». Car selon lui, « on pense à tort que dans le mini, tout est proportionnellement réduit : il en irait ainsi de l’idée qui l’anime, comme de son impact. » C’est donc le mini (terme apparu en 1966) qui est étudié à travers les thématiques de la taille, de l’idée, de la durée. Joli programme.

Surtout quand on y ajoute le dialogue potentiel avec les proportions architecturales maximalistes du lieu.

Mais.

Trop d’œuvres exposées dans un parcours qui manque cruellement, si ce n’est totalement, de pédagogie. Alors oui, les expositions ne sont pas faites que pour le béotien ou les scolaires. Le connaisseur d’art contemporain et l’érudit doivent pouvoir y trouver leur compte. Mais tout de même ! Le document de médiation à disposition de tout visiteur est littéralement imbuvable, et il faut toute la volonté d’un public studieux pour venir à bout de la description ne serait-ce que d’une seule salle (et y glaner une info exploitable). Salles dont le découpage et la thématisation sont sans doute scientifiquement très aboutis et très astucieux, mais au fort pouvoir excluant, écartant le visiteur de cette fameuse « jubilation » dont on s’accorde à dire que ce devrait être un des effets des musées.

(Quant au dialogue avec les grandes proportions du CAPC, c’est loupé : Bigminis s’étale sur plusieurs salles dans une galerie peu impressionnante, à côté de la grande nef - réservée pour sa part à Robert Breer).

Mentionnons enfin un petit appendice intéressant. Le visiteur peut aussi prendre au comptoir d’achat des billets (j’ai failli dire « est invité à », mais… non), il peut, donc, récupérer une feuille de papier type Canson dans laquelle a été prédécoupée une sorte de loupe. Il s’agit en fait d’un objet à monter soi-même par d’astucieux jeux de pliages et de languettes, qui ressemble au final à un appareil photo compact avec un objectif triangulaire. Le but est de regarder à travers cet objet les œuvres « mini » de l’expo, afin de les isoler, et de les « grossir » virtuellement, afin de les scruter avec une attention accrue (intéressant à ce propos de penser que « magnifier » peut vouloir dire loupe en anglais et embellir en français). L’intention est noble, amusante, s’intègre parfaitement au propos de l’exposition. Ouf.

lundi 17 janvier 2011

En bref - Entre-deux au Musée Zadkine

Julio Villani - L’arpenteur
Musée Zadkine
Jusqu’au 30 janvier 2011




Pour l’artiste brésilien installé à Paris, la réalité fuit les extrêmes pour occuper un «entre deux», « la faille à partir de laquelle les versants du monde et du soi apparaissent et se constituent réciproquement. » C’est ce que l’Arpenteur, qui a donné son titre à l’exposition, visage-cœur multi-facettes, explore : un « vaste « tout autre» , mi-lieu/ mi-hors-lieu, mi-réalité/ mi-utopie, qui constitue notre espace de vie » (dossier de presse).

A partir de cette profession de foi, le visiteur peut se laisser aller à une visite de l’exposition en toute quiétude, guidé par l’imperceptible fil des œuvres simples, subtiles et non dénuées d’humour de M. Villani.

Pour faire vite, car l’exposition ne sera plus d’ici une dizaine de jours, j’ai surtout remarqué ses figures de l’Arpenteur, disséminé dans le musée parmi les créations d’Ossip Zadkine mais aussi dans le petit jardin de la rue d’Assas, caché de l’agitation et des convoitises extérieures.

Les petites salles du musée accueillent aussi des collages, non moins réduits, en une série intitulée « Souvenirs de mes cent ans ». L’artiste a pris pour base de vieilles photos noir et blanc, témoins d’époques révolues où les modèles anonymes posaient la mine austère, raides comme la justice, en costume d’apparat. Julio Villani intervient sur ces scènes du passé en colorant un visage, des vêtements, les intérieurs… et en ajoutant sa propre personne, comme si le présent côtoyait le passé, « dans la certitude d’un futur forcément égalisateur » selon la très belle formule du dossier de presse.

L’atelier quant à lui contient une pièce bien plus monumentale : les Bilboquets ou L’origine du monde (2002). Ce sont 3 gigantesques bilboquets de bois tourné qui occupent la quasi intégralité de l’espace. Le titre bien sûr emprunté à Courbet, la matière sensuelle du bois veiné et l’emboîtement des pièces affirment un caractère sexué. La présence de 3 bilboquets et non 2 renvoie à cette citation de Marcel Duchamp pour son travail 3 stoppages étalon : « Un, c’est l’unité; deux, c’est la paire; trois, c’est tout le reste » : là où il n’existe pas de certitudes absolues.

Au final, une exposition, dont le commissariat est du au directeur du musée Zadkine, Sylvain Lecombre, qui fait moins de bruit que bien d’autres mais qui mérite l’attention.

Une exposition de petite taille, ludique, charmante, qui se laisse visiter en moins d’une heure au détour d’une balade au Luxembourg et d‘un cornet de marrons chauds. Et qui laisse mine de rien une impression durable

jeudi 6 janvier 2011

Rattrapage : Gabriel Orozco // Somewhere over the rainbow

Nouvelle catégorie de billets : la séance de rattrapage d’expositions. Parce qu’il existe BEAUCOUP d’expositions, et qu’elles ne durent en moyenne que 3 ou 4 mois, temps parfois trop court pour leur rendre visite puis écrire. Mais aussi parce qu’elles méritent malgré tout un hommage, même posthume !

Gabriel Orozco
Centre Pompidou, du 15 septembre 2010 au 3 janvier 2011


Gabriel Orozco s’est vu offrir la Galerie sud du Centre Pompidou pour exposer de nombreuses œuvres, très diverses. L’espace avait été laissé ouvert, sans cimaises ou rideaux obstruant la vue de la rue et des passants.
Il est difficile d’exprimer ce qui ressortait de cette exposition. Une hétérogénéité fluide. Une poésie et un humour d’intellectuel. Finesse et gaité.

J’ai tout particulièrement apprécie les photographies de Gabriel Orozco, jouant de la poésie qui émane souvent du hasard, pour qui sait le voir. De mêmes s’agissant des dessins et collages, comme les Atomists (1996), des photographies de sportifs en action découpées dans des journaux, sur lesquelles l’artiste a imprimé des motifs circulaires peints à la gouache, résultant du grossissement des points de trame utilisés dans le procédé d’impression du journal. Mentionnons encore La DS (1997), une voiture Citroën DS que l’artiste a fait découper en trois parties dans le sens de la longueur, ôtant la section centrale et le moteur pour réassembler les deux pièces restantes.


Somewhere over the rainbow - Itinéraires d’une collection particulière (1980-2010)
FRAC Aquitaine, du 30 septembre au 31 décembre 2010




Cette exposition mettait en scène dans les murs du FRAC Aquitaine la collection de deux médecins bordelais, choisissant et achetant avec soin depuis 20 ans des pièces d’art contemporain, de design et d’art africain. Le FRAC Aquitaine avait ainsi souhaité expliciter le fonctionnement propre d’une collection privée, se distinguant d’une collection publique par l’absence d’obligation d’une classification par période ou par genre. Hétéroclite mais intelligente, l’exposition avait renoué avec l’esprit des cabinets de curiosité qui « aux 16ème et 17ème siècles rassemblaient œuvres d’art, objets, cartes géographiques, composant une synthèse de l’histoire de l’humanité. » (texte FRAC Aquitaine).

Les deux collectionneurs qui avaient voulu garder l’anonymat ont tout de même accordé un entretien au FRAC, au cours duquel ils insistent pour dire qu’il est possible de constitue rune collection en vivant et en achetant à Bordeaux, par opposition à Paris ou aux grandes places internationales. Ils dévoilent également que donner envie aux visiteurs de commencer une collection serait pour eux une belle réussite pour l’exposition.

« Over the rainbow » (qui emprunte son nom à la chanson du film Le Magicien d’oz) était découpée en 8 sections, rassemblant à chaque fois autour d’une thématique œuvres plastiques contemporaines, design et art africain.

« Sur la route », chapitre que j’ai particulièrement apprécié, rassemblait entre autres des œuvres de Nicolas Moulin et de Sébastien Vonier. Le premier, avec Wenlenderwund 2, a crée un paysage étrange, lunaire, pourtant composé à partir de différents éléments de nos paysages actuels, mais retouchés et découpés. Sébastien Vonier quant à lui a imaginé des morceaux d’asphalte accrochés au mur, comme des reliques d’un paysage lunaire, lui aussi. Simplissime mais très fort.

Dans « Correspondances », les « 40 enveloppes administratives usagées » de Pierre Buraglio (1978) exposaient le dégradé de bleus de leur intérieur, exprimant l’idée que la peinture et une toile ne sont pas l’unique moyen de créer un tableau et de la couleur.

Enfin venait « Du gris à la nuit », sans conteste mon chapitre préféré. Outre un superbe vase de Gaetano Pesce et une étrange photographie de Xavier Veilhan, on retrouvait dès l’entrée l’œuvre sans titre de Delphine Gigoux-Martin : une installation reproduisant des lapins volant à travers la pièce, fuyant la voracité de grues faisant claquer leurs becs, par le truchement d’une vidéo aux murs. Quant au Sendero Luminoso (2007) d’Ivàn Navarro, c’est une pièce hypnotique, un puits de lumière précédant un puits de noirceur, évoquant une version plus énigmatique et plus inquiétante du terrier dans lequel tombe Alice avant de parvenir au soi-disant Pays des merveilles.

Une sélection très intéressante, minutieusement réalisée par deux amateurs éclairés aidés de bons galeristes. De l’art occidental, non occidental, de l’art utilitaire, non utilitaire : peu importe au fond. Seule compte la lumière.
Et un bel engagement de la part du FRAC Aquitaine, illustrant l’humilité dont peut faire preuve une institution.

Prochaine exposition au FRAC Aquitaine : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blanc », à partir du 28 janvier et jusqu’au 16 avril 2011